mercredi 3 octobre 2012

Gravity / La chute des corps


En préparation...

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L A C H U T E D E S C O R P S
EXPOSITION DU 12 AU 14 OCTOBRE 2012

Espace "B carré" 23 Bd de Waterloo 1050 Ixelles
Dans le cadre du festival WALK #1

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L A C H U T E D E S C O R P S
EXPOSITION DU 12 AU 14 OCTOBRE 2012

Espace "B carré" 23 Bd de Waterloo 1050 Ixelles
Dans le cadre du festival WALK #1

samedi 29 septembre 2012

L A C H U T E D E S C O R P S

EXPOSITION DU 12 AU 14 OCTOBRE 2012
atelier "B carré" 23 Bd de Waterloo 1050 Ixelles Belgique
Dans le cadre du festival WALK #1

L A C H U T E D E S C O R P S

EXPOSITION DU 12 AU 14 OCTOBRE 2012
atelier "B carré" 23 Bd de Waterloo 1050 Ixelles Belgique
Dans le cadre du festival WALK #1


La chute des corps

L A  C H U T E  D E S  C O R P S

EXPOSITION DU 12 AU 14 OCTOBRE 2012
atelier "B carré" 23 Bd de Waterloo 1050 Ixelles Belgique
Dans le cadre du festival WALK #1


            Patrice Broquier, né en 1969 en France, vit et travaille en Belgique depuis 1992 où il y a étudié la photographie. Ce medium a toujours été au cœur de ses recherches artistiques auxquelles se sont associées ces dernières années des expériences sonores et vidéographiques.

De ses séries d’images formellement homogènes et rigoureuses des années 90 questionnant les supports de mémoire collective et son histoire individuelle, il a développé depuis 2006 (cf exposition Galerie Bortier) un travail plus introspectif prenant la forme de rapports d’images parfois dissonants. Ces agencements d’images ont été regroupés successivement sous les noms “Switch” puis “Acédia”. Ils semblent reliés à la fois à un sentiment d’urgence à se saisir du monde et dans le même temps à l’élaboration d’équilibres silencieux.

« Je photographie par état de nécessité psychologique, c'est à dire pour prendre conscience toujours un peu plus loin de ce que je suis, dans l'espace où je me situe. C'est sur le fil. Il y a en fond instabilité, enfoncement, équanimité, adynamie... une succession d'équilibres précaires. Ces images développent souvent des correspondances dont on aurait enlevé le premier terme. »
En 2010 (cf exposition Galerie Hectoliter), sous le titre “At the end : the gravity law experience“, il s’intéresse plus spécifiquement à la question du paysage :
« Un paysage est une construction abstraite sur un espace particulier. L’horizon, cette “ligne imaginaire circulaire dont l’observateur est le centre et où le ciel et la terre ou la mer semblent se joindre” est à la fois une donnée immédiate de la perception et une abstraction insaisissable. En bipèdes, nous raisonnons l’horizontalité dans le paysage à partir de notre verticalité physique. Nous faisons l’expérience de la gravité au travers de notre corps comme nous voyons un objet tomber. J’ai voulu transposer symboliquement cette réalité. »

Dans “La chute des corps”, on retrouve sa conception du photographique, c’est à dire, une photographie totale, intégrant volontairement des vocabulaires visuels parfois très différents, des ruptures de formats, des accrochages éclatés, créant un ensemble paradoxalement très synthétique des expériences vécues et de leurs symboliques mais éloigné de toute narration. Ce processus d’assimilation psychique du monde nous apparaît ici plus aigu car associé à un deuil personnel à partir duquel cette démarche photographique prend tout son sens.

« La chute des corps peut se définir comme le mouvement que prennent les corps lorsque, abandonnés à eux-mêmes, ils tombent vers la terre. Une chute est un accident. Un matin, j’ai monté un escalier pour réveiller ma mère. Son corps gisait incliné sur les marches dans l’obscurité. Après cette expérience douloureuse, de nombreuses images relevant pour moi de la loi de la gravité ont pris place dans mes ensembles d’images. L’horizon et la lumière s’y sont alors accordés. »

La dimension émotionnelle qui a induit en partie cette étape de son travail est ici dépassée, englobée dans un questionnement plus large et sublimée par certaines abstractions porteuses peut être d’une forme de mysticisme. Il s’agit sans doute pour lui de partager cet inachevable dévoilement. « J’accepte ce travail autant que je le construis. »

Eric Daurfel, Octobre 2012

samedi 4 septembre 2010

Fables

Que faire alors des paroles de l’artiste sur son œuvre et sur l’art ?
Devons-nous les prendre pour une théorie complète ? Cela ne serait pas raisonnable : même chez Kandinski ou godard, il y a toujours écart et dysfonctionnement entre la théorie et la pratique esthétiques ; nous ne sommes pas face à un mode d’emploi. 
Devons-nous alors les prendre pour des bribes subjectives sans valeurs ? Ce serait manquer leur richesse, leur force et leur fulguration. 
En réalité, nous devons nous transformer dans notre désir de réponse et dans notre manière de recevoir ces mots d’artistes qui ne sont pas réductibles aux mots d’enfants créateurs. Ces phrases prononcées ont une fonction pratico-esthétique qui l’emporte sur la fonction de connaissance : elles sont nécessaires pour que l’œuvre soit et soit telle qu’elle est. A la fois maïeutiques et poïétiques, elles accompagnent sa naissance : l’artiste a besoin d’elles pour faire être et pour faire recevoir son faire et son être. 
Ce sont des fables : elles peuvent être critique ou louange de l’œuvre ; dans tous les cas, elles participent du fabuleux et de la fabulation, de l’histoire racontée en vue d’une morale et de l’aventure récitée en vue d’une épopée. Car les artistes sont des héros : ils ont raison de le savoir et de le montrer. Leur voix nous ouvre une voie vers cette chose même qui est l’œuvre.

François Soulage / Esthétique de la photographie

mardi 17 août 2010

"Aprés la photographie"

"J'aimerais que la photographie dégoûte les gens de la peinture jusqu'au moment où quelque chose d'autre rendra insupportable la photographie"

Marcel Duchamp

mardi 27 juillet 2010

Laszlo Moholy-Nagy

"Le capitalisme nous a fait entrer dans une phase de développement économique et social insupportable pour qui veut mener une vie saine et épanouissante; c'est là notre problème décisif.
La lutte des classes constitue un moyen politique trés puissant pour venir à bout de ces situations intenables et améliorer les conditions de vie organiques. Il existe cependant d'autres moyens moins conscients, moins immédiatement ciblés, mais qui eux aussi tendent à faire comprendre à l'homme, pratiquement anéanti par le capitalisme, ce dont il a besoin pour reconstruire sa vie future.
L'art est cette préparation inconsciente, l'éducation subconsciente de l'homme."











Laszlo Moholy-Nagy,"
Malerei, fotogrfie, film"
1927

samedi 24 juillet 2010

Commerce universel

"Finalement l'époque est arrivée où tout ce que les gens considéraient jusqu'à présent comme invendable est devenu objet d'échange et de spéculation. C'est l'époque où les choses qui étaient jusqu'alors partagées mais jamais échangées, offertes mais jamais vendues, gagnées mais jamais achetées, où l'honneur, l'amour, les convictions, la science, la conscience, lorsque presque tout est devenu objet commercial. C'est l'époque de la corruption générale, du commerce universel, ou, pour parler en terme d'économie politique, l'époque où chaque objet, physique ou moral est présenté au marché en tant qu'objet à vendre, pour qu'il soit jugé d'aprés sa vraie valeur."

Kar Marx, misère de la philosophie, 1847

vendredi 16 juillet 2010

Chimères

" L'impossibilité d'atteindre aux êtres réels me jeta dans le pays des chimères, et ne voyant rien d'existant qui fut digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination créatrice eut bientôt peuplé d'êtres selon mon coeur ".

Jean Jacques Rousseau

mercredi 14 juillet 2010

Quelle place ?

"Certains affirment plus précisément que l'art contemporain conduit à faire de la sociologie non plus un adjuvant à la compréhension de l'art, mais l'approche exclusive qui lui convient. Quand l'oeuvre est ailleurs que dans l'oeuvre : dans ses circonstances (étymologiquement : "ce qu'il y a autour"), comme l'oeuvre de Duchamp en fait la démonstration en suprimant avec ses ready-made à la fois l'artefactéité (l'oeuvre n'est plus fabriquée par l'artiste) et la qualité esthétique, l'art lui-même invite à enquêter du côté des conditions de l'art. C'est précisément là l'objet de la sociologie.
Ce que l'art fait à la philosophie, conclut Nathalie Heinich, c'est de le pousser dans les bras de la sociologie (le triple jeu de l'art contemporain, 1998) "

Carole Talon-Hugon, "L'esthétique", P.U.F.

mardi 13 juillet 2010

Quel rôle ?

« alors ma maman dit que le rôle de l’artiste aujourd’hui (et demain) est en fait de ne pas avoir de rôle (un rôle implique des limites). En revanche, l’artiste devrait plutôt se rapprocher d’une figure polymorphe, capable d’inventer ses propres rôles temporaires. Un genre de terminator II : une entité invincible de métal liquide à effet de miroir, qui peut endosser toutes les formes. Par conséquent , son « invincibilité » est due à son pouvoir d’infiltration subtile, de déstabilisation, d’appropriation esthétique, de créer une ambiguïté mais aussi, paradoxalement, une crédibilité. Son action est l’action d’un chercheur, mais aussi l’action d’un DJ, remixant les sens en une nouvelle forme d’intuition.»

Davide Bertocchi

vendredi 19 février 2010

"FUNERAL"

Vidéo de Patrice Broquier présentée en Octobre 2009 à Bruxelles dans le cadre de l'expo ABC

"NOTICE"


Installation Sonore de Patrice Broquier présentée à Bruxelles en Octobre 2009 dans le cadre de l'exposition "ABC" avec BCCKolectiev, Manuel Canteria et Laurence Voreux

jeudi 30 juillet 2009

Erreur

"Errer, c'est aussi se mettre en situation de faire des erreurs (...) Errer en photographie, c'est en somme se disposer à accueillir les accidents comme autant de petits miracles profanes, comme de véritables épiphanies photographiques."

Clément Chéroux

"Je ne veux plus me retenir des erreurs de mes doigts, des erreurs de mes yeux"

Aragon

mercredi 15 avril 2009

Associations et entrelacs


 à propos de l'exposition SW2b à la MCA (nov2008 à janvier 2009)

« Le travail de Patrice Broquier se parcourt. Ce qui a sens est un ensemble et non des œuvres séparées.

 Patrice Broquier pratique une sorte de désordre mis en demeure de s’organiser. Il accumule des photos apparemment hétéroclites. Il les fait défiler en diapositives à des vitesses différentes sur deux écrans. Ainsi sous le regard s’élabore une continuité à la fois constate et disparate. Chaque image se met en rapport avec une autre : celle qui la suit, celle qui la précède ou celle qui l’accompagne. Pour cette dernière, une part d’aléatoire intervient. En effet, la différence de rapidité a pour conséquence qu’il se produit un décalage entre un premier tour de chariot de dias et un second. L’esprit sollicité est amené à créer des associations d’idées, des liens entre les images. Il pourrait de la sorte inventer un récit dont chaque photo serait un élément. C’est sans fin, d’autant que chacun sait qu’une photo dépourvue de légende est sujette à toutes les interprétations possibles.

D’où l’intitulé de cette exposition : «  Switch », c’est à dire ce qui, en informatique, permet des interconnexions de réseaux. Le photographe développe de la sorte le concept d’appréhender le monde tel que dans la réalité. Chaque perception passe, se perd dans la mémoire, s’ajoute aux précédentes, se mêle aux sensations et aux humeurs avant de constituer ce qui façonne chaque individu.

Le défilement rapide des clichés ne permet guère de s’attarder. Il devient une espèce de paradoxe comme l’acte photographique en soi. (…) Il est donc capital de ne pas visiter cette exposition de la même manière que d’habitude. Si certains tirages sont accrochés aux cimaises et se laissent regardés aussi longtemps qu’on le désire, ils sont avant tout l’amorce de ce qui sera vu et revu lors de la projection « stéréo ». L’essentiel se concentre dans la démarche intellectuelle à accomplir par chaque visiteur. »

 

M.V.  le 07/01/09

lundi 1 décembre 2008

Le marché de l'art

La commercialisation de l'art est la preuve du mépris que la bourgeoisie montre à l'égard des valeurs spirituelles, tant que celles-ci ne produisent pas d'argent. Les seuls critères et d'ailleurs les plus convaincants pour juger de nos jours de la qualité de l'art sont : 
le nombre d'exemplaires vendus d'un livre, les prix aux enchères, les offres des amateurs et des collectionneurs, les places remplies au théâtre et d'autres critères analogues, d'ordre quantitatif et pécuniaire. La critique cède la place à la publicité, la chronique dans les journaux se transforme en annonce commerciale, la spéculation habile du trafiquant se substitue à l'appréciation spirituelle des valeurs artistiques.

Karel Teige, "Le marché de l'art", 1936

Lénine...etc

Etes vous libre par rapport à votre éditeur, monsieur l'écrivain ? Par rapport à votre public bourgeois, qui demande de vous de la pornographie et de la prostitution pour compléter l'art sacro-sain?... La liberté de l'écrivain bourgeois, de l'artiste, de l'actrice, ce n'est qu'une dépendance cachée ou à peine masquée à l'argent, à la corruption, à ceux qui les entretiennent... La liberté de la presse dans la société bourgeoise réside dans la liberté de bouleverser, de mentir et d'abrutir les milieux populaires oppressés, systématiquement, sans pitié et quotidiennement, grâce à des millions de journaux et de livres... La liberté actuelle de la presse n'est que mensonge et hypocrisie, car en réalité ce n'est que la liberté des riches d'acheter et de corrompre la presse, la liberté des riches d'enivrer le peuple avec de l'eau-de-vie du mensonge journalistique et bourgeois... La liberté totale de la littérature et de l'art est une phrase bourgeoise ou anarchique, car il est impossible de vivre dans la société et pourtant  ne pas en être dépendant.

Lénine, "Organisation de parti et littérature de parti

mardi 1 juillet 2008

Ghost


Introjection

" (…) Toute création est ainsi à la fois le témoin d’un processus d’introjection psychique laissé en souffrance et la tentative d’en constituer l’auxiliaire. Elle est en cela un processus toujours inachevé. Cet inachèvement n’est pas son échec, mais sa fatalité. L’introjection « rate » toujours ce qu’elle tente ou, plutôt, elle le réussit d’une façon toujours imparfaite et toujours à parfaire. Enfin, la multiplicité des causes possibles de « ratage » d’une introjection nous oblige à une grande modestie par rapport au déchiffrage des images. Le plus souvent, il est impossible de dire, face à une image- et notamment face à une photographie-, s’il s’agit de l’exploration et de la mise en scène de conflits entre désirs et interdits, d’une expérience traumatique par sa violence propre, d’une expérience traumatisante par l’impossibilité d’en parler à un tiers ou des effets sur le créateur du secret inavouable d’un autre ! Et cela d’autant plus que ces différents types de causalité combinent souvent leurs effets. Il est plus facile de parler de « secret derrière les images » que de savoir chaque fois de quel type de « secret » il s’agit ! "

Serge Tisseron
Le mystère de la chambre claire / photographie et inconscient. 1996

Deux pièges

" La réflexion sur la photographie est constamment menacée par deux pièges. Le premier consiste à croire que la photographie est un pur reflet du monde. A ce titre, elle serait moins une forme de création qu’une forme d’enregistrement du réel. Elle ne serait donc pas un art. Le second, à l’inverse, consiste à penser toute photographie comme un ensemble de signes porteurs de signification. Pour le premier de ces points de vues, la photographie n’a pas d’autre particularité que le fragment de réalité dont elle est censée reproduire fidèlement l’image. Pour le second, la photographie n’a pas d’autre but que de vouloir dire quelque chose. Ces deux pièges n’ont pas aujourd’hui la même importance. L’idée que la photographie soit un reflet du monde n’est plus défendue par personne tandis que l’idée que la photographie « dise » quelque chose semble une évidence. Pourtant ces deux pièges conduisent chacun à une impasse. D’une manière ou d’une autre, ils contribuent à nous rendre la photographie incompréhensible. "

Serge Tisseron
Le mystère de la chambre claire / photographie et inconscient. 1996