lundi 1 décembre 2008

Le marché de l'art

La commercialisation de l'art est la preuve du mépris que la bourgeoisie montre à l'égard des valeurs spirituelles, tant que celles-ci ne produisent pas d'argent. Les seuls critères et d'ailleurs les plus convaincants pour juger de nos jours de la qualité de l'art sont : 
le nombre d'exemplaires vendus d'un livre, les prix aux enchères, les offres des amateurs et des collectionneurs, les places remplies au théâtre et d'autres critères analogues, d'ordre quantitatif et pécuniaire. La critique cède la place à la publicité, la chronique dans les journaux se transforme en annonce commerciale, la spéculation habile du trafiquant se substitue à l'appréciation spirituelle des valeurs artistiques.

Karel Teige, "Le marché de l'art", 1936

Lénine...etc

Etes vous libre par rapport à votre éditeur, monsieur l'écrivain ? Par rapport à votre public bourgeois, qui demande de vous de la pornographie et de la prostitution pour compléter l'art sacro-sain?... La liberté de l'écrivain bourgeois, de l'artiste, de l'actrice, ce n'est qu'une dépendance cachée ou à peine masquée à l'argent, à la corruption, à ceux qui les entretiennent... La liberté de la presse dans la société bourgeoise réside dans la liberté de bouleverser, de mentir et d'abrutir les milieux populaires oppressés, systématiquement, sans pitié et quotidiennement, grâce à des millions de journaux et de livres... La liberté actuelle de la presse n'est que mensonge et hypocrisie, car en réalité ce n'est que la liberté des riches d'acheter et de corrompre la presse, la liberté des riches d'enivrer le peuple avec de l'eau-de-vie du mensonge journalistique et bourgeois... La liberté totale de la littérature et de l'art est une phrase bourgeoise ou anarchique, car il est impossible de vivre dans la société et pourtant  ne pas en être dépendant.

Lénine, "Organisation de parti et littérature de parti