jeudi 6 janvier 2011

after: projections BCCK.m4v

lundi 15 novembre 2010

Baudrillard - La Disparition Du Monde Réel

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FLVMP43GP

vendredi 12 novembre 2010

lundi 4 octobre 2010

Joel-Peter Witkin - L'image indelebile (1)


 
 
« Goya et Bosch, mes héros suprêmes, se sont transcendés à travers leur travail. Leur esprit vit toujours dans leurs réalisations. C’est pour moi le véritable but de l’art, mais peu de gens l’ont atteint. Voilà pourquoi je pense que l’art n’est pas fait pour la distraction, ni pour l’amusement, même s’il peut contenir parfois une dimension amusante. L’artiste se doit d’être aussi pur qu’un saint, son rôle est de sublimer notre conscience. La création est comme un acte de purification, une forme de sanctification. »
JOEL PETER WITKIN, 222 Amherst NE, Albuquerque, New Mexico 87106, USA


lundi 27 septembre 2010

Art-Résistance

dimanche 5 septembre 2010

X-Ray Spex - I Am A Cliché

samedi 4 septembre 2010

Fables

Que faire alors des paroles de l’artiste sur son œuvre et sur l’art ?
Devons-nous les prendre pour une théorie complète ? Cela ne serait pas raisonnable : même chez Kandinski ou godard, il y a toujours écart et dysfonctionnement entre la théorie et la pratique esthétiques ; nous ne sommes pas face à un mode d’emploi. 
Devons-nous alors les prendre pour des bribes subjectives sans valeurs ? Ce serait manquer leur richesse, leur force et leur fulguration. 
En réalité, nous devons nous transformer dans notre désir de réponse et dans notre manière de recevoir ces mots d’artistes qui ne sont pas réductibles aux mots d’enfants créateurs. Ces phrases prononcées ont une fonction pratico-esthétique qui l’emporte sur la fonction de connaissance : elles sont nécessaires pour que l’œuvre soit et soit telle qu’elle est. A la fois maïeutiques et poïétiques, elles accompagnent sa naissance : l’artiste a besoin d’elles pour faire être et pour faire recevoir son faire et son être. 
Ce sont des fables : elles peuvent être critique ou louange de l’œuvre ; dans tous les cas, elles participent du fabuleux et de la fabulation, de l’histoire racontée en vue d’une morale et de l’aventure récitée en vue d’une épopée. Car les artistes sont des héros : ils ont raison de le savoir et de le montrer. Leur voix nous ouvre une voie vers cette chose même qui est l’œuvre.

François Soulage / Esthétique de la photographie

mardi 24 août 2010

Bardot / Moholy Nagy

mardi 17 août 2010

"Aprés la photographie"

"J'aimerais que la photographie dégoûte les gens de la peinture jusqu'au moment où quelque chose d'autre rendra insupportable la photographie"

Marcel Duchamp

mardi 27 juillet 2010

Laszlo Moholy-Nagy

"Le capitalisme nous a fait entrer dans une phase de développement économique et social insupportable pour qui veut mener une vie saine et épanouissante; c'est là notre problème décisif.
La lutte des classes constitue un moyen politique trés puissant pour venir à bout de ces situations intenables et améliorer les conditions de vie organiques. Il existe cependant d'autres moyens moins conscients, moins immédiatement ciblés, mais qui eux aussi tendent à faire comprendre à l'homme, pratiquement anéanti par le capitalisme, ce dont il a besoin pour reconstruire sa vie future.
L'art est cette préparation inconsciente, l'éducation subconsciente de l'homme."











Laszlo Moholy-Nagy,"
Malerei, fotogrfie, film"
1927

samedi 24 juillet 2010

Commerce universel

"Finalement l'époque est arrivée où tout ce que les gens considéraient jusqu'à présent comme invendable est devenu objet d'échange et de spéculation. C'est l'époque où les choses qui étaient jusqu'alors partagées mais jamais échangées, offertes mais jamais vendues, gagnées mais jamais achetées, où l'honneur, l'amour, les convictions, la science, la conscience, lorsque presque tout est devenu objet commercial. C'est l'époque de la corruption générale, du commerce universel, ou, pour parler en terme d'économie politique, l'époque où chaque objet, physique ou moral est présenté au marché en tant qu'objet à vendre, pour qu'il soit jugé d'aprés sa vraie valeur."

Kar Marx, misère de la philosophie, 1847

vendredi 23 juillet 2010

Gilles Deleuze - Le charme de la démence

lundi 19 juillet 2010

Expo galerie Hectoliter

vendredi 16 juillet 2010

Chimères

" L'impossibilité d'atteindre aux êtres réels me jeta dans le pays des chimères, et ne voyant rien d'existant qui fut digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination créatrice eut bientôt peuplé d'êtres selon mon coeur ".

Jean Jacques Rousseau

mercredi 14 juillet 2010

Quelle place ?

"Certains affirment plus précisément que l'art contemporain conduit à faire de la sociologie non plus un adjuvant à la compréhension de l'art, mais l'approche exclusive qui lui convient. Quand l'oeuvre est ailleurs que dans l'oeuvre : dans ses circonstances (étymologiquement : "ce qu'il y a autour"), comme l'oeuvre de Duchamp en fait la démonstration en suprimant avec ses ready-made à la fois l'artefactéité (l'oeuvre n'est plus fabriquée par l'artiste) et la qualité esthétique, l'art lui-même invite à enquêter du côté des conditions de l'art. C'est précisément là l'objet de la sociologie.
Ce que l'art fait à la philosophie, conclut Nathalie Heinich, c'est de le pousser dans les bras de la sociologie (le triple jeu de l'art contemporain, 1998) "

Carole Talon-Hugon, "L'esthétique", P.U.F.

mardi 13 juillet 2010

Quel rôle ?

« alors ma maman dit que le rôle de l’artiste aujourd’hui (et demain) est en fait de ne pas avoir de rôle (un rôle implique des limites). En revanche, l’artiste devrait plutôt se rapprocher d’une figure polymorphe, capable d’inventer ses propres rôles temporaires. Un genre de terminator II : une entité invincible de métal liquide à effet de miroir, qui peut endosser toutes les formes. Par conséquent , son « invincibilité » est due à son pouvoir d’infiltration subtile, de déstabilisation, d’appropriation esthétique, de créer une ambiguïté mais aussi, paradoxalement, une crédibilité. Son action est l’action d’un chercheur, mais aussi l’action d’un DJ, remixant les sens en une nouvelle forme d’intuition.»

Davide Bertocchi

lundi 12 juillet 2010

Photographic landscapes and other lies

Photographic landscapes and other lies

At the end : the law gravity experience

vendredi 2 avril 2010

samedi 20 février 2010

vendredi 19 février 2010

"FUNERAL"

video
Vidéo de Patrice Broquier présentée en Octobre 2009 à Bruxelles dans le cadre de l'expo ABC

"NOTICE"

video

Installation Sonore de Patrice Broquier présentée à Bruxelles en Octobre 2009 dans le cadre de l'exposition "ABC" avec BCCKolectiev, Manuel Canteria et Laurence Voreux

jeudi 30 juillet 2009

Erreur

"Errer, c'est aussi se mettre en situation de faire des erreurs (...) Errer en photographie, c'est en somme se disposer à accueillir les accidents comme autant de petits miracles profanes, comme de véritables épiphanies photographiques."

Clément Chéroux

"Je ne veux plus me retenir des erreurs de mes doigts, des erreurs de mes yeux"

Aragon

mardi 28 juillet 2009

lundi 27 juillet 2009

dimanche 26 juillet 2009

vendredi 24 juillet 2009

mercredi 15 avril 2009

Associations et entrelacs


 à propos de l'exposition SW2b à la MCA (nov2008 à janvier 2009)

« Le travail de Patrice Broquier se parcourt. Ce qui a sens est un ensemble et non des œuvres séparées.

 Patrice Broquier pratique une sorte de désordre mis en demeure de s’organiser. Il accumule des photos apparemment hétéroclites. Il les fait défiler en diapositives à des vitesses différentes sur deux écrans. Ainsi sous le regard s’élabore une continuité à la fois constate et disparate. Chaque image se met en rapport avec une autre : celle qui la suit, celle qui la précède ou celle qui l’accompagne. Pour cette dernière, une part d’aléatoire intervient. En effet, la différence de rapidité a pour conséquence qu’il se produit un décalage entre un premier tour de chariot de dias et un second. L’esprit sollicité est amené à créer des associations d’idées, des liens entre les images. Il pourrait de la sorte inventer un récit dont chaque photo serait un élément. C’est sans fin, d’autant que chacun sait qu’une photo dépourvue de légende est sujette à toutes les interprétations possibles.

D’où l’intitulé de cette exposition : «  Switch », c’est à dire ce qui, en informatique, permet des interconnexions de réseaux. Le photographe développe de la sorte le concept d’appréhender le monde tel que dans la réalité. Chaque perception passe, se perd dans la mémoire, s’ajoute aux précédentes, se mêle aux sensations et aux humeurs avant de constituer ce qui façonne chaque individu.

Le défilement rapide des clichés ne permet guère de s’attarder. Il devient une espèce de paradoxe comme l’acte photographique en soi. (…) Il est donc capital de ne pas visiter cette exposition de la même manière que d’habitude. Si certains tirages sont accrochés aux cimaises et se laissent regardés aussi longtemps qu’on le désire, ils sont avant tout l’amorce de ce qui sera vu et revu lors de la projection « stéréo ». L’essentiel se concentre dans la démarche intellectuelle à accomplir par chaque visiteur. »

 

M.V.  le 07/01/09

mardi 14 avril 2009

SW2b : fragments de l'expo...

video 

lundi 1 décembre 2008

Le marché de l'art

La commercialisation de l'art est la preuve du mépris que la bourgeoisie montre à l'égard des valeurs spirituelles, tant que celles-ci ne produisent pas d'argent. Les seuls critères et d'ailleurs les plus convaincants pour juger de nos jours de la qualité de l'art sont : 
le nombre d'exemplaires vendus d'un livre, les prix aux enchères, les offres des amateurs et des collectionneurs, les places remplies au théâtre et d'autres critères analogues, d'ordre quantitatif et pécuniaire. La critique cède la place à la publicité, la chronique dans les journaux se transforme en annonce commerciale, la spéculation habile du trafiquant se substitue à l'appréciation spirituelle des valeurs artistiques.

Karel Teige, "Le marché de l'art", 1936

Lénine...etc

Etes vous libre par rapport à votre éditeur, monsieur l'écrivain ? Par rapport à votre public bourgeois, qui demande de vous de la pornographie et de la prostitution pour compléter l'art sacro-sain?... La liberté de l'écrivain bourgeois, de l'artiste, de l'actrice, ce n'est qu'une dépendance cachée ou à peine masquée à l'argent, à la corruption, à ceux qui les entretiennent... La liberté de la presse dans la société bourgeoise réside dans la liberté de bouleverser, de mentir et d'abrutir les milieux populaires oppressés, systématiquement, sans pitié et quotidiennement, grâce à des millions de journaux et de livres... La liberté actuelle de la presse n'est que mensonge et hypocrisie, car en réalité ce n'est que la liberté des riches d'acheter et de corrompre la presse, la liberté des riches d'enivrer le peuple avec de l'eau-de-vie du mensonge journalistique et bourgeois... La liberté totale de la littérature et de l'art est une phrase bourgeoise ou anarchique, car il est impossible de vivre dans la société et pourtant  ne pas en être dépendant.

Lénine, "Organisation de parti et littérature de parti

mardi 1 juillet 2008

Ghost


Introjection

" (…) Toute création est ainsi à la fois le témoin d’un processus d’introjection psychique laissé en souffrance et la tentative d’en constituer l’auxiliaire. Elle est en cela un processus toujours inachevé. Cet inachèvement n’est pas son échec, mais sa fatalité. L’introjection « rate » toujours ce qu’elle tente ou, plutôt, elle le réussit d’une façon toujours imparfaite et toujours à parfaire. Enfin, la multiplicité des causes possibles de « ratage » d’une introjection nous oblige à une grande modestie par rapport au déchiffrage des images. Le plus souvent, il est impossible de dire, face à une image- et notamment face à une photographie-, s’il s’agit de l’exploration et de la mise en scène de conflits entre désirs et interdits, d’une expérience traumatique par sa violence propre, d’une expérience traumatisante par l’impossibilité d’en parler à un tiers ou des effets sur le créateur du secret inavouable d’un autre ! Et cela d’autant plus que ces différents types de causalité combinent souvent leurs effets. Il est plus facile de parler de « secret derrière les images » que de savoir chaque fois de quel type de « secret » il s’agit ! "

Serge Tisseron
Le mystère de la chambre claire / photographie et inconscient. 1996

Deux pièges

" La réflexion sur la photographie est constamment menacée par deux pièges. Le premier consiste à croire que la photographie est un pur reflet du monde. A ce titre, elle serait moins une forme de création qu’une forme d’enregistrement du réel. Elle ne serait donc pas un art. Le second, à l’inverse, consiste à penser toute photographie comme un ensemble de signes porteurs de signification. Pour le premier de ces points de vues, la photographie n’a pas d’autre particularité que le fragment de réalité dont elle est censée reproduire fidèlement l’image. Pour le second, la photographie n’a pas d’autre but que de vouloir dire quelque chose. Ces deux pièges n’ont pas aujourd’hui la même importance. L’idée que la photographie soit un reflet du monde n’est plus défendue par personne tandis que l’idée que la photographie « dise » quelque chose semble une évidence. Pourtant ces deux pièges conduisent chacun à une impasse. D’une manière ou d’une autre, ils contribuent à nous rendre la photographie incompréhensible. "

Serge Tisseron
Le mystère de la chambre claire / photographie et inconscient. 1996

mercredi 11 juin 2008

SW1


Apprendre à faire silence

"Ces pensées qui nous viennent spontanément à l'esprit nous dévoilent notre état intérieur. Les moines avaient recours à ces pensées pour examiner si l'un des huit vices les concernait : goinfrerie, luxure, cupidité, tristesse, colère, acédie, vanité ou fierté(…)
De nos jours, il est de bon ton de se dire frustré et de se laisser absorber par des sentiments de frustration, au point que tout un chacun peut les lire sur notre visage. Les anciens moines diraient que celui-là est déjà possédé par le vice de la tristesse. Ou bien que parfois nous nous emportons intérieurement contre autrui. Dans notre silence, nous inventons de brillants discours, destinés à montrer aux autres que nous sommes dans notre droit et que nous leur sommes supérieurs. Ensuite, dans notre silence, nous savourons notre colère et nous l'entretenons par une argumentation et des invectives que nous poursuivons en nous-mêmes. D'autres se lamentent sur leur sort, en se disant en ces moments de calme intérieur, que rien n'a de sens et que tout est insensé, bref qu'il est inutile de s'engager. Tel serait le vice de l'acedia. Il y a des personnes qui dans leur silence se représentent la prochaine séance qui aura lieu sur la scène du théâtre de leur vie. Ils la répètent pour les spectateurs, devant qui ils désirent jouer leur rôle, pour être applaudis. Dans leur silence, ils imaginent des réparties qu'on pourrait admirer, afin d'attirer l'attention sur eux. Ou bien ils s'admirent eux-mêmes. Ils ne cessent de se dire combien ils sont importants et comme le monde devrait se réjouir qu'ils existent avec leurs qualités, leurs aptitudes et leurs talents. Leurs pensées gravitent uniquement autour d'eux-mêmes, de leur importance et de leur originalité. On a beau se taire extérieurement mais à l'intérieur de nous-mêmes, on ne cesse de parler. En nous, parlent les pulsions inassouvies, les aspirations insatisfaites ; en nous parlent les émotions et les impressions, en nous parlent la vanité et la vantardise. Le silence extérieur ne veut rien dire de notre capacité à faire silence à l'intérieur de nous-mêmes. Or c'est ce silence intérieur que les moines recherchent finalement."

(Anselm Grün, Apprendre à faire silence)

mardi 10 juin 2008

SW2


Lao tseu

" Le pesant est la racine du léger ; la quiétude est maîtresse de l’agitation. Aussi le prince voyage-t-il tout le jour sans quitter son pesant fourgon. Devant les spectacles les plus magnifiques il reste calme et détaché. Comment le maître de dix mille chars pourrait-il se permettre de négliger l’empire ? Qui se conduit avec légèreté perdra la Racine de son autorité ; Qui s’agite perdra la maîtrise de soi. "

Lao tseu

SW


Walter Benjamin / quelques extraits

(…)
"A la reproduction même la plus perfectionné d’une œuvre d’art, un facteur fait toujours défaut : son hic et nunc, son existence unique au lieu où elle se trouve. Sur cette existence unique, exclusivement s’exerçait son histoire."

(…)
"Le hic et nunc de l’original forme le contenu de la notion de l’authenticité, et sur cette dernière repose la représentation d’une tradition qui a transmis jusqu’à nos jours cet objet comme étant resté identique à lui-même. Les composantes de l’authenticité se refusent à toute reproduction non pas seulement à la reproduction mécanisée."

(…)
"La reproduction mécanisée s’affirme avec plus d’indépendance par rapport à l’original que la reproduction manuelle."

(…)
"L’authenticité d’une chose intègre tout ce qu’elle comporte de transmissible de par son origine, sa durée matérielle comme son témoignage historique. Ce témoignage reposant sur sa matérialité, se voit remis en question par la reproduction, d’où toute matérialité s’es retirée. Sans doute seul ce témoignage est-il atteint, mais en lui l’autorité de la chose et son poids traditionnel."

(…)
"La reproduction mécanisée, pour la première fois dans l’histoire universelle, émancipe l’œuvre d’art de son existence parasitaire dans le rituel."

(…)
"Mais dès l’instant où le critère d’authenticité cesse d’être applicable à la production artistique, l’ensemble de la fonction sociale de l’art se trouve renversé. A son fond rituel doit se substituer un fond constitué par une pratique autre : la politique."

(…)
"La valeur rituelle exige presque que l’œuvre d’art demeure cachée."

(…)
"Avec l’émancipation des différents procédés d’art au sein du rituel se multiplient pour l’œuvre d’art les occasions de s’exposer."

(…)
"Avec les différentes méthodes de reproduction de l’œuvre d’art, son caractère d’exposabilité s’est accru dans de telles proportions que le déplacement quantitatif entre les deux pôles se renverse, comme aux âges préhistoriques, en transformation qualitative de son essence. De même qu’aux âges préhistoriques , l’œuvre d’art, par le poids absolu de sa valeur rituelle, fut en premier lieu un instrument de magie dont on n’admit que plus tard le caractère artistique, de même de nos jours, par le poids absolu de sa valeur d’exposition, elle devient une création à fonctions entièrement nouvelles – parmi lesquelles la fonction artistique, se distingue en ce qu’elle sera sans doute reconnue plus tard accessoire. Du moins est-il patent que le film fournit les éléments les plus probants à pareil pronostic."

(…)
"Dans la photographie, la valeur d’exposition commence à refouler sur toute la ligne la valeur rituelle. Mais celle-ci ne cède pas le terrain sans résister. Elle se retire dans un ultime retranchement : la face humaine."

(…)
"Dans l’expression fugitive d’un visage humain, sur d’anciennes photographies, l’aura semble jeter un dernier éclat."

(…)
"Mais sitôt que la figure humaine tend à disparaître de la photographie, la valeur d’exposition s’y affirme comme supérieure à la valeur rituelle."


Walter Benjamin.
La photographie en Allemagne. Extraits

lundi 9 juin 2008

Song: They Say It's Wonderful

Song: They Say It's Wonderful

They say that falling in love is wonderful
It's wonderful, so they say.
And with a moon up above it's wonderful
It's wonderful, so they tell me.
I can't recall who said it
I know I never read it
I only know that falling in love is grand
And the thing that's known as romance
Is wonderful, wonderful
In every way
So they say
Rumors fly and they often leave without
But you've come to the right place to find out
Ev'rything that you've heard is really so
I've been there once or twice
and I should know
You'll find that falling in love is wonderful
It's wonderful, as they say
And with a moon up above it's wonderful
It's wonderful, as they tell you
You'll leave your house a morning
And without any warning
You're stopping people shouting that love is grandAnd
to hold a man in your arms
is wonderful, wonderful
In every way (...)

Judy Garland

Diane Arbus

" A photography is a secret about a secret. The more it tells you the less you know. "

Diane Arbus

SW2


Anthropologie du cadre photographique

"Il a suffit du passage des céréales sauvages aux céréales cultivées, avec le besoin agraire de délimitation des étendues et des capacités, pour que des équerres de références se ferment en rectangle. (…)
Pour le peintre le format du cadre devait jouait un peu le rôle du module pour l'architecte, de la forme musicale (AA', AB, ABA, ABACA, etc,.) pour le musicien. Selon les cultures, il y eut des cadres non dialectiques, comme le tatami japonais, qui est un double carré, et des cadres dialectiques, où le côté le plus grand est au plus petit comme la somme des deux est au lus grand, comme dans le nombre d'or occidental 1,618/1.
La photographie s'est inscrite dans cet enthousiasme, et même elle en dérive. Quand, après quelques millénaires, la volonté représentative des agriculteurs occidentaux devenus industriels les poussa à chercher des images photoniques et à découvrir les propriétés photosensibles des halogénures d'argent, il fut tout à fait normal de donner aux empreintes ainsi obtenues la rectangularité indexatrice qui avait si puissament prévalu dans les images sémiotiques (peintures et sculptures) produites jusque-là. (…) L'image photographique était seulement indicielle, non sémiotique et d'autre part sa perspective demeurait fort flottante; la faire se terminer à quatre angles droits reliés par quatre droites n'était donc pas inutile pour arrimer, baliser, en un mot indexer ce vague, et en particulier pour faire en sorte que la pyramide de l'œil aide à construire quelque peu sa pyramide symétrique, du moins en pointillé."

Henri Van Lier
Anthropologie du cadre photographique

vendredi 6 juin 2008

"mieux disparaitre"


"Si une chose veut être photographiée, c'est justement qu'elle ne veut pas livrer son sens, qu'elle ne veut pas se réfléchir. C'est qu'elle veut être captée directement, violée sur place, illuminée dans son détail, dans sa qualité fractale. On sent qu'une chose veut être photographiée, veut devenir image, et ce n'est pas pour durer, c'est au contraire pour mieux disparaître. Et le sujet n'est un bon médium photgraphique que s'il entre dans ce jeu, s'il exorcise son propre regard et son propre jugement esthétique, s'il jouit de sa propre absence.

(...) Créer une image, ça consiste à ôter à l'objet toutes ses dimensions une à une : le poids, le relief, le parfum, la profondeur, le temps, la continuité, et bien sûr le sens. C'est au prix de cette désincarnation, de cet exorcisme, que l'image gagne ce plus de fascination, d'intensité, qu'elle devient le médium de l'objectalité pure, qu'elle devient transparente à une forme de séduction plus subtile. "

Jean Baudrillard

jeudi 5 juin 2008

Equilibration*

Equilibration*

Les structures cognitives ne sont en effet jamais en état d’équilibre total et permanent (équilibre entre l’assimilation et l’accomodation) et ne connaissent qu’un équilibre approché pouvant être perturbé par un événement que la structure ne peut assimiler. L’équilibration est donc le processus par lequel cette structure déséquilibrée retrouve un équilibre.

Trois formes d’équilibration sont distinguées :

1- l’équilibration résultant de l’interaction directe entre le sujet et les objets, c’est à dire l’équilibration entre l’assimilation de ces objets à des schèmes et l’accomodation de ces schèmes aux objets.

2- L’équilibration entre les sous-systèmes qui se construisent à des vitesses différentes.

3- L’équilibration entre les sous-systèmes et la totalité qui les englobent. Cette dernière forme introduit une hiérarchie verticale et renvoi au problème de la coordination des différenciations et intégrations.

Les structures cognitives sont déséquilibrées par des perturbations qui font obstacles à l’assimilation et conduisent donc à des erreurs ou à des échecs de l’action ( ex. résistance d’un objet qui ne peut être classé dans une classification antérieurement adoptée, ou obstacle à des assimilations réciproques de schèmes, etc.). Le rééquilibrage se fait par des régulations et compensations.

La régulation est la reprise d’une action sous une forme modifiée en fonction de ses résultats antérieurs. (…) Les régulations aboutissent souvent à des compensations. (…) Ces compensations restaurent l’équilibre perturbé mais rarement par un retour pur et simple à un état antérieur.
Le plus souvent, l’équilibration aboutit à un palier d’équilibre meilleur que le précédent. Elle peut s’exercer ainsi quand les contradictions et conflits cognitifs surgissent et destabilisent une structure, d’où l’importance des conflits et des contradictions comme source du progrés cognitif. "

*Concept clé de la théorie de J.Piaget

Disquisitorum Magicarum

"En cette façon, il [le diable] excite les maladies mélancoliques. Car, du commencement, il émeut la bile noire qui est dans le corps, et en pousse les fumeés aux cellules des sens intérieurs. Puis après, il augmente cette humeur par l’accès des choses brûlantes, ou bien la retient et l’empêche de s’évacuer.
Il cause l’épilepsie, la paralysie et semblables maladies par l’apport de sucs plus grossiers, touchant quelquefois le ventricule du cerveau, quelquefois les racines des nerfs. Il rend aveugle ou sourd, en amoncelant des excréments nuisibles aux yeux et aux oreilles."

Martin Del Rio
Disquisitorum Magicarum
Louvain, 1599

La honte d’avoir un esprit



"L’acedia, mélancolie spécifique des moines solitaires qui vivaient dans les déserts d’Egypte à la fin du troisième et au quatrième siècle de notre ère, est une mélancolie radicale en réponse à une oppression absolue. Le schème général de la mélancolie s’en trouve épuré, réduit à des lignes essentielles.

Dans le continuum général de la mélancolie à travers les siècles, l’acedia est un moment pour ainsi dire chimiquement pur. Il s’y joue avec netteté le combat de la vie psychique et des forces qui tendent à l’anéantir.

Dés les début de la première ère chrétienne au temps de l’antiquité tardive, pour les pères de l’église qui s’attachent à la définir, l’acedia fait partie des tentations, mauvaises pensées ou démons qui découpent l’être humain en parties faibles, susceptibles d’être corrompues : l’estomac pour la gourmandise, le sexe pour la luxure, etc..

Dans ce découpage symbolique, l’acedia se taille la part la plus noble, la plus ambiguë : celle de l’esprit.
Si elle n’avait pas été pêché de l’esprit, l’acedia serait restée à bon droit enfouie dans les écrits des pères, où elle se rabâche sur un mode réprobateur. A quoi bon en lire la description immuable, suivie de conseils tout aussi immuables pour en guérir ?
A quoi bon entendre, répéter que l’acedia est une peste de l’âme, de laquelle naissent les pires maux de l’esprit divagation érotique, obsession, ressassement incontrôlé des pensées, en résumé souffrances psychiques intenses – sinon justement parce que la est tout son intérêt ?

L’acedia s’imprime au cœur même de l’activité psychique.
Pour cette raison inavouée, les pères lui réservent une place à part, celle du pire des pêchés.
L’acedia porte en elle sa punition, qui lui ressemble : une insupportable torture mentale, la lassitude d’une attente infinie, un intime châtiment de l’orgueil.
Mais d’un autre point de vue, elle apparaît comme la part de résistance inaliénable de l’esprit humain. Le moine dans le désert veut mourir au monde et se fondre tout vif dans l’infini de dieu – dont la fournaise du désert peut constituer un équivalent sensible. Il prétend s’adonner au Quotidie morior de saint Antoine et n’être ainsi, sous le soleil, qu’un mort en sursis.
Il psalmodie, il tresse des cordes, il parvient à tout abolir en lui – sauf justement l’activité psychique.
Elle seule résiste, quoi qu’il fasse ; elle seule met en échec son projet d’auto réduction à néant."