dimanche 12 octobre 2014

Exposition MYRIAM HORNARD à la MAAC


Je serai au vernissage ce Jeudi 16 Octobre.
...au plaisir de vous y voir!




Myriam Hornard
Textes de Myriam Hornard, Jean-Philippe Uzel, François Liénard et Sabrina Parent
En partenariat avec le Centre d’art de la Ville de Dudelange Nei Liicht, Cosmos cosmos et la Maison d’art actuel des Chartreux à Bruxelles
208 pages, 25 illustrations couleurs, 17 x 24 cm, cartonné,
Textes français et anglais
ISBN 978-2-87317-417-0
29 €, 2014

samedi 16 novembre 2013

Tim Grosvenor / Gallery 151

Rencontré à l'occasion de mes visites guidées au festival walk#2,
Tim Gosvenor réalise actuellement "Follow the line", une performance-dessin à la Gallery 151 au 151 Chaussée de wavre à Ixelles.
Je m'y suis posé hier en fin d'après midi le temps de quelques commentaires échangés. Un beau moment... (à suivre).

Frederic Barthes


 Suite au vernissage de l'expo "Luz" et à la visite de Frédéric Barthes à cette occasion, je partage avec vous le lien vers son site (une belle découverte).
A voir en particulier, les séries "Amorces", "Entremélés" , "Intervalle" dont j'aimerais tellement faire l'expérience physique face aux tirages... Je vous signalerai donc ses prochaines expos !



dimanche 3 novembre 2013

Camera lucida


C’est le moment du rapport physique aux images, celui où les pigments projetés sur le papier jouent aux sels d’argent, à la lumière, celui des incertitudes aussi : inconfort, attente d’évidences sans preuves. Je regarde mes gesticulations en attente d'un moment de vérité, de quelque chose d'indicible.

Le processus s'est aiguisé bien avant la coupure du déclencheur, la partie visible est tendue, le papier nerveux, le scalpel les découpent à main levée, les tirages se déchirent. L' orthogonalité est abandonnée à ce qu'elle est. Je sais un peu moins ce dont il s’agit ce qui finit par être rassurant. Je m’apprivoise…

Irréversible et inachevable ont à voir avec photographie.


" Luz visible ", lumière visible, entre le vu et l’invisible, vista. Il faudra sans doute retrouver cette lumière depuis l'obscurité, celle de la caverne de Platon, celle décrite par Lucrèce, celle du désert, celle d’un monde primordial d’avant le photographique : régression salutaire, impasse, camera lucida.


C’est alors le moment de l’accrochage, celui où le cordon ombilical est coupé, celui de l’abandon des images à ce quelles sont, à ce qu’elles deviennent où dans le meilleur des cas elles m’échappent dans un espace que je finis par accepter. Chaque agencement, chaque pli devient un piège à inconscient. Je dois clore le temps de l’exposition. Le processus n’est pas achevé. L’espace me manque, je l’imagine.


Ce fut le moment de l’exposition, la seule qui compte. Les trente secondes qui attendent la foudre, les minutes qui enregistrent les étoiles dans le désert, le dix millième de seconde au soleil d’Andalousie, la poussière, le sable, les pixels, zéro, un, indice minimal puis enfin en revenir à Lucrèce (1er siècle ), "De rerum natura" (De la nature des choses – livre IV) :



Je dis que les choses envoient de leur surface

des effigies, formes ténues d’elles-mêmes,

des membranes en quelque sorte ou des écorces,

puisque l’image revêt l’aspect, la forme exacte

de n’importe quel corps dont vagabonde, elle émane.

(…)

de la même façon, en un seul point du temps

une foule d’images doit s’élancer des choses

de mille manières, partout et dans tous les sens,

puisque à toute visée du miroir les choses répondent

par des couleurs et des formes qui leur ressemblent.

(…)

la lumière succède aussitôt à la lumière

son éclair stimulé par le dard d’un nouvel éclair.

De semblable manière, les images sont forcément

capables de parcourir en un seul point du temps

un espace indicible, parce que loin derrière elles

une cause infime les pousse et les projette ;

Ajoute qu’elles volent légère en leur course ailée,

que leur texture enfin est lâche dés leur émission,

au point qu’elles pénètrent aisément toutes les choses

et coulent pour ainsi dire dans l’étendue de l’air.


Patrice Broquier Novembre 2013

vendredi 27 septembre 2013

Au bord du visible

" La lumière de l'image est en elle arrêtée, retenue, cachée, suspendue. 
Elle n'est plus la lumière de mise en vue des choses mais lumière de mise en vie du visible seul. Etincelle.
Tel est le sujet de l'image..., de certaines images. "


David Brunel
"Au bord du visible, l'indicible (Notules sur la représentation en général et la photographie en particulier).

dimanche 22 septembre 2013

" Luz visible "


" Luz visible "


" Un morceau de vide, un creux du temps, un fragment de silence, une caverne entière à aménager, un bout de rien à partir duquel les choses pourtant rayonnent : photographie. "



David Brunel
"Au bord du visible l'indicible"
Les éditions de la nuit

Lucrèce : De la nature des choses (De rerum natura, 1er siècle avant Jesus Christ)

 
           


            De la nature des choses



            Avant de la briser l’éclat retient l’image.            

            Si rapide soit-elle, elle est prise au passage,           
            Et quel que soit l’objet qu’on expose au miroir,           
            L’image instantanée aussitôt s’y fait voir.            

            D’où j’ai droit d’inférer que des contours émane           
            Un frêle simulacre, impalpable membrane ;            

            Enfin, qu’un seul instant voit naître par milliers,           
            Sans relâche et sans fin, ces calques déliés            

            Dont la célérité n’eut jamais de rivale.

            C’est pourquoi le miroir surprend tant de fantômes,           
            Reflétant, quelque point qu’atteigne sa lueur,
                                
            La forme des objets et jusqu’à leur couleur.

            Mais quel effort jamais, quelle langue savante            
            Exprimeront le peu que de ces vastes corps            

            Emporte le reflet détaché de leurs bords ?

            La lumière sans trêve engendre la lumière ;            

            L’éclair de proche en proche aiguillonne l’éclair.            
            Ainsi le simulacre aux profondeurs de l’air            

            Franchit en un clin d’œil des gouffres insondables,           
            Indicibles : le choc d’atomes impalpables            

            Montant derrière lui le pousse loin du sol ;           

            Son tissu rare et clair hâte encore son vol.            

            À travers toute chose il s’insinue et passe,            

            Filtré pour ainsi dire aux pores de l’espace.
            
            L’image à temps égal en doit traverser plus

            Que n’en perça jamais la lumière céleste.            

            Cette rapidité, tout l’affirme et l’atteste.            

            Expose une eau limpide à l’azur de la nuit :            

            La voûte constellée à l’instant même y luit.            

            Demande à ces flambeaux éblouissants du monde            
            Brusquement évoqués par le miroir de l’onde,            

            En quelle ombre de temps l’éclat de leurs grands corps            
            Des rives de l’éther tombe aux terrestres bords !
           
            Rends-toi ; cède, il le faut, à tant de témoignages.           
            Et comment pourrais-tu douter de ces images ?            
            Elles frappent tes yeux ; c’est tout ce que tu vois.            


          
Lucrèce
De la nature des choses (De rerum natura)
Traduction (1876, 1899) A. Lefèvre (1834-1904)

" Luz visible "